Greta Thunberg porte plainte contre la France : pourquoi les gros pays pollueurs ne sont-ils pas concernés ?

Greta Thunberg attaque la France

Trop, c’est trop ! Greta Thunberg et 15 autres jeunes activistes ont déposé une plainte auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations unies contre cinq pays, dont la France, pour protester contre le manque d’action des gouvernements face à la crise climatique. Pourquoi les pays les plus gros pollueurs comme la Chine et les États-Unis ne sont-ils pas concernés ? Explications.

« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan (…) Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. » À la tribune de l’Organisation des Nations unies (ONU), dans le cadre du sommet sur le climat qui se déroule actuellement à New York, la jeune Suédoise Greta Thunberg a fermement condamné l’inertie des gouvernements face à la crise climatique.  Elle et 15 autres jeunes âgés de 8 à 17 ans ont d’ailleurs décidé de lancer une action en justice pour « dénoncer l’inaction de cinq pays contre le réchauffement climatique » comme une atteinte à la convention de l’ONU sur les droits des enfants. Sont concernés : l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil, la Turquie et… la France !

ONU : les enfants peuvent porter plainte

Cette convention, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989, énonce les droits « qui doivent être respectés pour que les enfants puissent développer tout leur potentiel, être à l’abri de la faim et du besoin, et être protégés de la négligence et des mauvais traitements », peut-on lire sur le site des Nations unies. Sa bonne application est contrôlée par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies. 195 pays l’ont ratifiée et ces derniers sont directement responsables du respect des droits des enfants.  Depuis 2014, un « protocole facultatif » de la convention autorise par ailleurs tout enfant à déposer, en leur nom, une plainte auprès du Comité, s’ils estiment que leurs droits ont été bafoués. Les 16 jeunes estiment que les pays visés « n’ont pas tenu leurs engagements ». Ils affirment que l’échec des États membres à faire face à la crise climatique constitue une violation des droits de l’enfant.

La question que l’on peut se poser est : pourquoi les plus gros pollueurs, comme la Chine, l’Inde et les États-Unis ne sont-ils pas concernés ? La réponse est simple. Le protocole offrant la possibilité aux enfants de porter plainte n’a été ratifié que par 45 États, dont les cinq pays ciblés par les jeunes militants. La Chine et l’Inde ne font pas partie des signataires. Quant aux États-Unis, ils n’ont pas ratifié la convention elle-même.

Les 16 jeunes sont représentés par le cabinet d’avocats international Hausfeld et Earthjustice. Le comité, composé d’experts indépendants, doit désormais déterminer si la plainte est recevable et, le cas échéant, fera des recommandations aux pays visés.

« Je ne suis pas sûr que ce soit la voie la plus efficace »

Au micro d’Europe 1, le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré : « Toutes les mobilisations de notre jeunesse ou des moins jeunes sont utiles. Mais il faut qu’elles se concentrent maintenant sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer. Je n’ai pas le sentiment que le gouvernement français ou le gouvernement allemand, aujourd’hui, sont en train de bloquer. ». Et d’ajouter : « Quand je vois qu’on va fermer l’ensemble de nos activités charbon, qu’on stoppe l’exploitation d’hydrocarbures, qu’on est en train de bouger, je ne suis pas sûr que ce soit la voie la plus efficace. »

Les jeunes qui ont déposé une plainte sont originaires de Suède, des États-Unis, d’Argentine, du Brésil, de France, d’Allemagne, d’Inde, des Îles Marshall, du Nigeria, des Palaos, d’Afrique du Sud et de Tunisie.

Marine Vautrin

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