Énergie : 5 questions sur l’autoconsommation

L’autoconsommation électrique s’est beaucoup développée ces dernières années. Et sa progression devrait encore s’accélérer : 63% des foyers français déclarent s’y intéresser, selon un sondage de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Mais qu’est-ce que l’autoconsommation ? Comment ça marche ? On fait le point.

L’autoconsommation, qu’est-ce que c’est exactement ?

L’autoconsommation consiste à produire sa propre électricité et à la consommer instantanément sur place. Cette énergie peut provenir de différentes sources : soleil, vent, eau chaleur. Pour cela, on peut y installer des panneaux photovoltaïques, une éolienne dans son jardin ou bien mettre une petite centrale hydraulique qui, avec le passage de l’eau, va produire de l’électricité. Ce système n’est bien sûr possible que pour celles et ceux qui disposent d’un cours d’eau sur leur terrain. Aujourd’hui, la majorité des particuliers qui ont fait le choix de l’autoconsommation équipent leur maison de panneaux afin de produire de l’énergie solaire. Le principe est simple : les panneaux vont capter la lumière du soleil et la transformer en courant continu. Celui-ci passe dans un onduleur photovoltaïque pour être ensuite changé en courant alternatif identique à celui du réseau afin d’alimenter les appareils électriques de la maison (frigo, box Internet, etc.).

Comment ça marche ?

On peut pratiquer l’autoconsommation totale ou partielle. L’autoconsommation totale est, comme son nom l’indique, totale. On consomme l’intégralité de l’électricité produite par les panneaux. Mais cette configuration n’est pas idéale surtout si on n’utilise que des panneaux solaires. La production d’énergie ne correspond pas toujours à sa consommation. Les panneaux tournent en effet à plein régime lorsque le soleil est au plus haut, soit entre 12h et 16h. Et bien souvent, nos maisons sont vides à ces heures. Le matin et le soir, lorsque la consommation est élevée, les panneaux solaires ne suivent pas. Il est toutefois possible de stocker une partie de l’électricité dans des batteries, mais ces dernières sont très coûteuses et peu rentables. Elles sont aussi volumineuses et la question de leur recyclage n’est pas encore réglée.

L’autoconsommation partielle se révèle alors plus intéressante : on alimente une partie de sa consommation journalière avec une énergie renouvelable « mais si la production se révèle insuffisante, il est possible de compenser ses besoins avec de l’électricité provenant directement du réseau. Et lorsque les panneaux produisent de l’électricité que l’on ne consomme pas, on peut par ailleurs la réinjecter dans le réseau public de distribution (ENEDIS, Ndlr) en la revendant », nous explique Chloé Joly, responsable du Lab Innovations et Services d’ekWateur.

Quels sont les avantages ?

L’autoconsommation permet tout d’abord de maîtriser l’origine d’une partie de sa consommation d’électricité. Avec ses panneaux solaires, on peut être sûr de consommer de l’énergie « verte ». Ce qui n’est pas le cas si on choisit de passer simplement par un fournisseur d’électricité renouvelable. Eh oui, souscrire un contrat d’électricité verte ne signifie pas être alimenté par une énergie renouvelable ! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a qu’un seul réseau électrique en France. L’électricité d’origine nucléaire est ainsi mélangée à l’électricité issue des panneaux solaires ou des éoliennes. En revanche, passer par un fournisseur d’électricité verte est intéressant, que l’on soit en autoconsommation ou pas. On participe en effet au développement des énergies renouvelables ! Le fournisseur joue un rôle d’intermédiaire entre le consommateur et le producteur : il garantit que l’argent (le nôtre) est utilisé pour financer les producteurs d’électricité renouvelable. Concrètement, la plupart des fournisseurs verts, comme ekWateur notamment, disposent d’un outil, les « Garanties d’Origine », des sortes de certificats de traçabilité de l’origine de l’électricité. Ces Garanties sont achetées par ces fournisseurs pour s’assurer que pour chaque MWh consommé par leurs clients, un MWh de l’électricité verte a bien été injecté sur le réseau.

L’autoconsommation permet aussi d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. En réinjectant de l’électricité dans le réseau (son énergie solaire), on y contribue. On devient consom’acteur !

Enfin, l’autoconsommation permet de réduire sa facture énergétique (jusqu’à 45%) et de gagner quelques euros en revendant son électricité : 10 cts d’euro par kWh pour les installations inférieures ou égales à 9 kWc (kilowatts-crête). Mais attention, pour profiter de l’autoconsommation avec revente de surplus (et la prime, voir ci-dessous), il faut respecter quelques conditions comme faire installer des panneaux par un installateur certifié RGE, et les mettre sur une toiture, explique Julien Tchernia, le président d’ekWateur. Alors pour celles et ceux qui souhaitent passer à l’autoconsommation mais qui ne veulent pas ou ne peuvent pas installer des panneaux sur leur toit, ekWateur propose, lui, de racheter, le surplus d’électricité issue de panneaux solaires placés au sol. « Nous avons été les premiers à faire cette offre. En revanche, on ne la rachète pas 10 cts, mais 4,2 cts d’euro », précise-t-il.

Tout le monde peut-il passer à l’autoconsommation ?

L’autoconsommation est à la portée de tous (ou presque). Avant de se lancer, il faut vérifier que son projet est compatible (se renseigner auprès de la mairie), bien analyser sa consommation d’électricité et surtout savoir si son habitation bénéficie d’une exposition optimale. Pour les frileux et pour ceux qui ne souhaiteraient pas se lancer dans de grands travaux, ekWateur vient de lancer un kit solaire clé en main à monter chez soi. Il s’agit d’un petit panneau solaire que l’on branche directement à une prise. Ce kit, d’une valeur de 650 euros, peut alimenter les appareils en veille ou encore le frigo.

Quelles sont les aides ?

Depuis 2017, l’État offre une aide financière aux Français qui souhaitent produire et consommer leur propre électricité. Versée pendant 5 ans, cette aide (prime à l’autoconsommation) est proportionnelle à la puissance installée exprimée en kilowatts-crête (kWc). Exemple : 390 € /kWc pour une installation inférieure ou égale à 3 kWc, 290 € /kWc pour une installation entre 3 et 9 kWc, 190 € /kWc pour une installation entre 9 et 36 kWc et 90 € /kWc pour une installation entre 36 et 100 kWc. Il est aussi possible de bénéficier d’un tarif d’achat de son excédent de production d’électricité, comme évoqué plus haut. Enfin, « les installations photovoltaïques raccordées au réseau d’une puissance inférieure ou égale à 3 kWc en autoconsommation totale ou vendant le surplus ou la totalité de l’électricité produite peuvent bénéficier d’un taux de TVA à 10% », précise-t-on sur le site Service-public.fr.

Si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure, sachez que les procédures administratives sont longues et complexes. L’idéal sera de se tourner directement vers le fournisseur que vous aurez choisi afin qu’il puisse vous accompagner, ce qui est le cas chez ekWateur. Ce dernier pourra par ailleurs vous proposer des installateurs certifiés. Les arnaques sont en effet nombreuses !

Marine Vautrin

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