Bébé et zéro déchet : c’est (presque) possible !

Le zéro déchet séduit de plus en plus. Mais ce mode de vie est-il possible quand on a un tout-petit ? Charleyne, une jeune maman grenobloise, nous raconte son expérience et nous livre quelques conseils.

À 32 ans, Charleyne est l’heureuse maman d’un petit Lenny qui vient de souffler sa troisième bougie. Les premiers mois ont été comme ceux des autres jeunes mères et pères : couches, petits pots, bains, promenades et bien sûr câlins à volonté. Mais le quotidien de cette Grenobloise a été un peu particulier puisque depuis maintenant six ans, elle vit de façon zéro déchet. Et l’arrivée de son petit garçon ne l’a pas empêchée de vivre selon ses convictions. « Être au zéro déchet et avoir un bébé, ce n’est pas mission impossible », nous explique-t-elle.

Cela passe tout d’abord par l’adoption des couches lavables. « J’avais demandé ces couches comme cadeaux de naissance et je les ai tout de suite utilisées. Au début je me suis demandé si ma consommation d’eau n’allait pas exploser. Mais je me suis dit que ce ne sont pas mes deux ou trois lessives supplémentaires qui allaient avoir un réel impact sur l’environnement », souligne-t-elle. « Les couches jetables créent, elles, des déchets. Elles sont catastrophiques pour la planète » Pas faux. À raison de six couches par jour, on estime qu’un bébé utilise plus de 4000 couches avant qu’il ne soit propre. Soit autant de déchets qui partiront dans les ordures ménagères. Une fois à la poubelle, elles sont incinérées ou stockées dans des décharges. « Les couches lavables sont très pratiques et ont l’avantage de pouvoir être réutilisées. Si on décide de ne pas faire de deuxième enfant, on peut les revendre facilement. Dans le cas contraire, on peut les utiliser de nouveau. »

Des produits réutilisables et de seconde main

Outre les couches, d’autres produits peuvent poser problème comme les lingettes. Comment nettoyer les petites fesses de son bébé ? Facile. Charleyne a opté pour les lingettes et cotons lavables qu’elle fabrique elle-même ou qu’elle achète en magasin bio. « Lenny n’a jamais eu de lingettes jetables sur les fesses », précise-t-elle. Une lingette lavable avec un peu d’eau suffit. Pour les derrières irrités, elle conseille de faire son propre liniment : « 50% d’huile d’olive, 50% d’eau de chaux, et c’est tout ». Côté soin et hygiène, la jeune maman a joué la carte du minimalisme (exit les produits en tous genres) et s’est aussi tournée vers le fait maison. Sa lotion fétiche : 50% d’eau florale de fleur d’oranger et 50% d’eau du robinet.

Pour la nourriture, un jeu d’enfant. Les plats sont faits maison ou achetés dans des contenants en verre si besoin. Les vêtements, eux, sont de seconde main. Pas question d’acheter du neuf. « J’avais demandé à mon entourage de ne pas m’en offrir à la naissance. Un enfant grandit très vite et ne porte qu’une ou deux fois un vêtement. Vaut mieux alors se tourner vers l’occasion. Ça coûte moins cher et c’est plus écologique ». Idem pour les jouets qui sont pour la plupart en bois. Charleyne fait toutefois une exception pour les chaussures qu’elle achète toujours neuves pour « éviter que les pieds ne prennent la forme de ceux qui les ont déjà portées ».

Et comment faire avec les bouteilles d’eau ? « J’ai eu la chance d’allaiter Lenny, cela n’a donc pas été un problème pour moi. Après, lorsqu’il est passé aux biberons, j’ai utilisé l’eau du robinet. Cette eau n’est pas interdite du moment qu’elle est de bonne qualité et adaptée à un jeune enfant. Ce qui est le cas à Grenoble. À la crèche du personnel du CHU, les biberons étaient d’ailleurs préparés avec de l’eau du robinet et Lenny n’avait que quatre mois », explique Charleyne. « Si vous souhaitez utiliser l’eau du robinet, renseignez-vous auprès de votre mairie », conseille-t-elle. Autre possibilité pour être sûr de donner une eau de qualité à son petit : faire bouillir l’eau ou installer un filtre.

« Chaque geste compte »

Être un parent zéro déchet, c’est possible. Mais l’être à 100%, c’est compliqué, admet Charleyne. « Pour tout ce qui est médical, on n’a pas le choix. On est obligé de consommer du jetable. Lenny a été quelques fois malades et je n’ai pas pu faire autrement », explique-t-elle. « Il a aussi une peau atopique, j’ai dû acheter un gel douche spécifique et laisser de côté les pains de savon trop agressifs pour lui. ». Pour les couches, elle a aussi dû utiliser des jetables pour la crèche. « Ça, je n’ai pas pu négocier. »

Pour les futurs ou jeunes parents qui souhaiteraient se lancer, Charleyne conseille « de ne pas se mettre la pression et de faire les choses au fur et à mesure ». « Il faut faire les choses qui vous tiennent à cœur d’abord et ne pas oublier que chaque geste compte ». Selon elle, avant d’accueillir bébé, il ne faut acheter que le strict nécessaire et s’adapter en fonction des besoins de son petit.

Ses liens utiles : Bébé au naturel, Hamac (couches lavables) et Greenweez

Charleyne et son petit Lenny

 

Lire aussi : Avec Loop, les couches usagées sont recyclées

Marine Vautrin

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