#duvraipasduvert : WeDressFair s’attaque au greenwashing

À l’occasion de la Fashion Revolution Week, la plateforme française de mode responsable WeDressFair a lancé une campagne intitulée #duvraipasduvert. Objectif : sensibiliser les consommateurs au greenwashing, pratique qui pourrait se développer dans les prochains mois.

La semaine du 22 avril est marquée par un triste événement : l’anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh. En s’écroulant le 24 avril 2013, cet immeuble de huit étages abritant plusieurs usines de textile a causé la mort de plus de 1 100 personnes. Toutes étaient employées par des grandes enseignes occidentales, et le monde a découvert avec horreur les conditions dans lesquelles leurs vêtements étaient fabriqués. Depuis cette tragédie, une prise de conscience s’est opérée. De nombreux consommateurs veulent désormais s’habiller de manière plus responsable, privilégier des marques engagées à la fois sur le plan social mais également de l’environnement et de la santé. Et ça, les enseignes l’ont bien compris.

Pour vendre leurs produits et avoir une bonne image, certaines n’hésitent pas à faire du greenwashing (ou éco-blanchiment en français). Sur leur plaquette, elles utilisent et abusent par exemple de la couleur verte pour faire croire au caractère « naturel » de leur article, mettent des photos de paysage, de forêt, écrivent « fait avec amour » ou affichent des labels qui n’existent pas. Elles commercialisent des produits toujours aussi « dégueulasses » mais assurent reverser une partie de leurs bénéfices à des associations.

#duvraipasduvert : WeDressFair lance une campagne anti-greenwashing

Une pratique qui brouille les consommateurs et qui pourrait se développer ces prochains mois. « Durant ce confinement, de nombreuses voix s’élèvent pour dire que cette crise est peut-être en train de jouer le rôle de déclic, d’accélérateur de la transition écologique et sociale. Si on peut espérer de vrais changements de comportements d’achat, on peut malheureusement aussi s’attendre à voir fleurir les discours « green », souvent peu suivis d’actions concrètes. Autrement dit, du greenwashing, comme outil pour tenter de « rattraper le retard », et « relancer la machine » », craint WeDressFair.

À l’occasion de la Fashion Revolution Week, initiée à la suite du drame du Rana Plaza, la plateforme qui recense les marques VRAIMENT responsables a donc décidé de lancer une campagne anti-greenwashing : #duvraipasduvert. Le but : sensibiliser les Français et « éviter que le « jour d’après » ressemble trop à « celui d’avant » ».

WeDressFair a imaginé quatre affiches publicitaires sur lesquelles on peut lire : « Cette combishort est produite dans des conditions inhumaines, pour un salaire dérisoire. Mais c’est écrit en vert » ; « Ce bonnet est un mélange de coton-pesticide, et de polyester-pétrole. Mais nous reversons 1 % de nos bénéfices à une association » ; « Ces lunettes surproduites sont vendues à un prix dérisoire pour inciter à la consommation. Mais elles sont dessinées en France avec amour » ; « Le coton de cette robe est un OGM, nourri aux pesticides, et coloré avec des produits toxiques. Mais c’est écrit en vert ».  

Un appel à témoignages

En parallèle, la plateforme a lancé un appel à témoignages, « afin que tous ceux qui le souhaitent puissent raconter leur expérience de greenwashing », explique l’entreprise dans un communiqué. Ces témoignages seront repartagés anonymement sur les réseaux sociaux de WeDressFair. Objectif : « montrer aux marques que leurs consommateurs ne sont pas dupes, et qu’ils rejettent ces pratiques ». Pour participer, il suffit d’envoyer un message privé à WeDressFair sur Instagram ou Facebook ou par mail à cette adresse : hello@wedressfair.fr.

Cette campagne est une belle initiative. Non au greenwashing, oui à plus de transparence !

Marine Vautrin

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